Les récents clusters infectieux au sein de navires nous ont remis en « mode COVID ».

Comme l’avait déjà exprimé le Pr Auffray, le milieu maritime et plus spécifiquement le navire en tant que milieu isolé, avec ses spécificités de vie et travail à bord, est une grande source de connaissances pour l’épidémiologie infectieuse maritime et terrestre.

Lors d’une récente discussion avec le médecin responsable du TMAS néerlandais ayant suivi la situation à bord du MV Hondius, plusieurs réflexions sont ressorties.

Le premier contact entre le médecin du bord et le TMAS a été primordial pour la prise en charge des personnes, équipage et passager à bord. Avec un contact à terre avec une structure hospitalière, la discussion a porté sur le caractère viral ou bactérien des premiers cas de pneumopathies.

Dans la situation de navires à passagers, la contamination par légionelles est justement évoquée.

Nous voyons au travers de ce cas, le lien essentiel avec les centres de consultations dédiées et la nécessité d’une dotation médicale adaptée aux navires et son type de navigation.

Un point marquant pour la part est le peu, voire très peu, d’informations concernant le personnel à bord comparativement aux passagers. Non pas qu’une hiérarchie doive être faite, mais il semble qu’il soit plus porteur d’informer sur la situation de passagers auxquels la majorité de la population puisse s’identifier qu’un équipage de gens de mer.

Mais cette exposition professionnelle des membres d’équipage, qu’elle soit à un agent infectieux et à des risques psychologiques (gestion des passagers, du confinement, crainte pour sa santé et l’incertitude de la date de retour, gestion des questionnements des proches à terre), ont-elles été prises en compte en aigu et sur le long terme ?

Et que dire du médecin de bord ! Combien sommes-nous à être informés de son décès par suite de l’infection par hantavirus ?

Dans ces questionnements, un fait majeur est l’accueil des patients infectés présents à bord et nécessitant des soins. Le refus des autorités du Cap vert revêt un caractère illégal au regard du règlement sanitaire international. Les autorités de ce pays ont invoqué leur incapacité à prendre en charge de manière adaptée les patients dans leur structure hospitalière.

Le retour de la gestion COVID dans cette expérience que nous avons, conjointement retenu avec le collègue néerlandais et une collègue anglaise, est le questionnement initial type « tout est possible, restons vigilant sur une pathologie émergente » et la capacité de confinement (rapidité de mise en place, acceptabilité) à bord pour l’équipage et les passagers.

D’autre part, le peu de prise en compte de la santé de l’équipage, le refus de débarquement des patients infectés, nous fait dire que toutes les leçons n’ont pas été retenues.

Dr David Lucas

Président