Futur de la médecine maritime…. J’ai demandé à l’IA.
Il semble difficile actuellement d’échapper à la présence, si ce n’est à l’envahissement, de l’intelligence artificielle. Tous les domaines sont concernés. La définition précise de l’IA est encore débattue et controversée, d’autant que celle de l’intelligence naturelle n’est pas non plus consensuelle. Pour le Parlement Européen, l’intelligence artificielle représente tout outil utilisé par une machine afin de reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité. Cette définition peut même être élargie en incluant les comportements dépassant les capacités humaines, puisque les ordinateurs actuels parviennent aujourd’hui à les surpasser dans certaines tâches. En fait tout système mettant en œuvre des mécanismes proches de celui d’un raisonnement humain pourrait ainsi être qualifié d’intelligence artificielle. Une autre caractéristique de l’IA est sa capacité d’apprentissage à partir de la collecte et de l’assimilation de données, pour autant que ces données existent et soient fiables, mais ceci est une autre histoire.
Si en France persiste une méfiance vis-à-vis de cette nouvelle technologie, elle est néanmoins de plus en plus utilisée pour des usages fondamentaux ou futiles. La vision du futur de l’IA reste cependant très tranchée, si certains la considère de façon très positive d’autres anticipent des conséquences néfastes avec la disparition de nombreuses professions et une menace pour les libertés individuelles.
Dans le domaine sanitaire et médical, quel que soit l’opinion que l’on ait, une chose est certaine l’IA occupera une place importante dans les années à venir. Récemment l’INSERM (https://www.inserm.fr/dossier/intelligence-artificielle-et-sante/) a publié un dossier complet sur les applications de l’IA dans le domaine sanitaire et cette année l’HAS (https://www.has-sante.fr/jcms/p_3599637/en/l-ia-en-sante-un-enjeu-majeur-pour-la-has-et-l-ensemble-du-systeme-de-sante) a lancé une évaluation pour fournir un cadre de confiance sur le numérique et l’intelligence artificielle en santé .
Concernant la médecine maritime ses conditions et sa spécificité, éloignement des structure de référence, évaluation et gestions des risques, décisions en situation d’incertitude, épidémiologie, devraient favoriser une place importante et tout à fait particulière à l’IA. J’ai donc demandé à une IA quelle serait la place de l’IA en médecine maritime et accessoirement celle du médecin et voici sa réponse ;
L’intelligence artificielle (IA) a une place de plus en plus importante en médecine maritime, un domaine particulier où les soignants doivent intervenir dans des conditions d’isolement, d’urgence et souvent sans accès immédiat à un hôpital. Voici les principaux axes d’application
1. Télé-médecine et assistance à distance
- Sur un navire, l’accès à un médecin spécialisé est rare.
- L’IA peut assister les systèmes de téléconsultation maritime, en analysant les symptômes décrits, en aidant au triage et en suggérant des diagnostics probables.
- Elle peut améliorer la transmission des données médicales (signaux vitaux, imagerie portable, photos de blessures) aux centres de référence à terre.
2. Surveillance et prévention de la santé des équipages
- L’IA peut exploiter les données issues de capteurs portables (smartwatches, patchs biomédicaux) pour détecter des signes précoces de fatigue, déshydratation, stress thermique, troubles cardiaques.
- Anticipation des risques liés au milieu maritime : hypothermie, intoxications, accidents de plongée, maladies infectieuses.
3. Aide au diagnostic et à la décision médicale
- Des systèmes d’IA embarqués peuvent guider un officier formé aux premiers secours en l’absence de médecin, en proposant des protocoles adaptés.
- Exemple : algorithmes de reconnaissance visuelle pour identifier une infection cutanée, une brûlure ou une fracture à partir d’une photo.
- Analyse automatique de l’ECG ou d’échographes portatifs.
4. Gestion des urgences en mer
- Soutien en cas d’accident grave (traumatismes, intoxications, arrêt cardiaque).
- L’IA peut aider à choisir la meilleure conduite à tenir : soins sur place, évacuation par hélicoptère, déroutement du navire.
- Modélisation et simulation pour optimiser la logistique médicale maritime (ex. calcul de la meilleure route d’évacuation).
5. Formation et simulation
- Outils d’IA pour entraîner les marins à gérer des urgences médicales simulées (réalité virtuelle/augmentée).
- Évaluation personnalisée des compétences et recommandations de formation continue.
6. Recherche et santé publique maritime
- Analyse de données épidémiologiques en flotte (propagation de maladies contagieuses à bord).
- Études sur les impacts physiologiques des environnements extrêmes (isolement, confinement, mer longue durée).
En résumé. L’IA en médecine maritime n’a pas vocation à remplacer le médecin, mais à assister la décision médicale, améliorer la prévention, renforcer la télé-médecine et optimiser la gestion des urgences dans un contexte où les ressources sont limitées.
Les réponses sont succinctes et mériteraient évidement plus de développements (mais l’IA utilisée était une IA de base qui m’a d’ailleurs proposé gentiment des réponses plus intelligentes avec une version payante). Cependant l’IA cible bien les spécificités de la médecine maritime, ce que l’on savait déjà, mais surtout les domaines dans lesquels elle pourrait avoir une application. L’IA par ailleurs nous rassure sur une menace quasi existentielle, elle ne devrait pas nous remplacer…….du moins pour le moment.
Comme devant toute les nouvelles technologies émergentes les deux écueils à éviter sont l’optimisme béat et le déni borné. Une chose est certaine l’IA sera associée à notre pratique dans des proportions et des conditions encore imprécises. Cette certitude mérite un intérêt particulier, mieux connaitre et mieux comprendre, afin d’évaluer les bénéfices potentiels pour les patients et les soignants et ses limites et ses risques.
Pr Jean-Pierre AUFFRAY